Petit Loup donne son avis sur ...

Des Jouets qui répondent aux besoins

des jeunes enfants de 0 à 18 mois 

  un retour à la simplicité réussi ! 


«Très tôt, l’enfant utilise le toucher comme moyen de relation avec ce qui l’entoure. Longtemps la reconnaissance se fait par la bouche ; mais très vite la main touche, palpe, cherche. Quelques éléments autour de l’enfant peuvent favoriser cette recherche». Les jouets sont pensés pour éveiller la curiosité de bébé, son sens du toucher et sa motricité. Colorés, pratiques, aux formes diverses, les jouets développent les aptitudes physiques, intellectuelles et sociales de l’enfant, dès son plus jeune âge.
 
Le choix est rendu difficile par l’industrie actuelle. Si le choix est dense, il ne répond pas forcément aux exigences pédagogiques et de sécurité. On peut cependant largement piocher dans les objets usuels n’ayant pas à la base une fonction de jouet : tels que écumoires, cuillères en bois, moule à glaçons souple, bouteille d’eau vidées de leur contenu et remplies d’éléments naturels, de perles, plumes…
Découvrez les principales étapes du développement de l'enfant et les types de jouets qui peuvent y être associés.

                      Le premier âge de 0 à 6 mois                            

Lorsqu’il naît, le nourrisson ne peut pas encore attraper d’objets. La seule chose qui est à sa portée est l’observation. A la naissance, le champ de vision est assez limité puisque l’on parle d’une vision à 20-30 cm. Cependant, dès la fin du premier mois, sa vision s’améliore considérablement. L’enfant est alors capable d’observer des objets placés à sa portée.
- Des mobiles


C’est le premier mobile que l’on présente au nourrisson. On peut lui proposer ce mobile dès trois semaines après sa naissance

    - Des images

Les œuvres en noir et blanc aideront les plus petits à développer leurs capacités visuelles et à percevoir le monde qui les entoure... tout en leur offrant une première rencontre avec l'art.

  - Des livres

 

  

 

 

 


Puis sa motricité fine commence à se développer au cours de ces premiers mois. Dès le troisième mois, il est capable d’ouvrir et de fermer son poing et de pousser, frapper puis d’agripper des objets.
Encouragez-le tous les jours en lui faisant manipuler des jouets adaptés :
    - Des petits carrés de tissus colorés (taille d’un mouchoir en tissu)
     
     
    - Des hochets légers et silencieux personnages / animaux avec longues pattes
     
    - Des bracelets, anneaux fins… avec des peintures végétales et des cires naturelles qui permettent à bébé de le porter à la bouche sans aucun risque
     
    L’intérêt de ces jouets/objets est qu’ils sont légers, souples, longilignes, faciles à saisir, dépasse la main donc peuvent être vus et saisis à différents endroits par le bébé.« A ce stade, c’est la couleur de l’objet, sa taille, sa forme, qui éveillent l’intérêt. Ensuite, c’est le souvenir des expériences acquises lors de la manipulation qui le rend attirant pour l’enfant ».
    Les attitudes de l'adulte : Le premier jouet du nourrisson c’est son corps. Il va découvrir ses mains, ses pieds… et essayer, petit à petit, de se mouvoir…Ensuite, ne lui mettez pas tous les jouets/objets à la fois. C’est grâce à l’observation de ce qu’il en fait et ses capacités que vous pourrez ajuster vos propositions et ajouter progressivement d’autres objets/jouets. Les disposer autour de lui, sur le tapis, ni trop près, ni trop loin pour susciter son intérêt et favoriser sa réussite.
                                                 Entre 6 et 9 mois                                     
    L'espace de jeu au sol évolue en fonction des compétences motrices de l'enfant ( il s'agrandit si Bébé se retourne...). On peut proposer des objets du quotidien: cuillère en bois, boîtes de différentes tailles avec ou sans couvercle, trouées ou non, des anneaux plus gros, des cubes en mousse et accompagner tout ça de comptines mimées et de jeux de doigts.
    - Des anneaux plus gros
    - Des jouets à mordiller
    - Des petites corbeilles à trous, légères
    - Des moules pour faire des pâtés, porte savon…
      - Des cuvettes, sceaux de tailles différentes

    L’intérêt de ces jouets/objets est multiple. Ils sont intéressants de par leur facilité à être saisit, du fait qu’ils proposent un plein et un creux, parce que l’enfant peut y mettre quelque chose dedans.

    Les attitudes de l'adulte:
    Lorsqu’il se déplace, il est important de veiller à ce que les jeux soient remis en ordre. Le coffre à jouets n’est probablement pas un bon système, car les objets s’y trouvent en désordre. Une présentation cohérente et ordonnée permet à l’enfant de se construire des repères dans l’espace et de faire un choix volontaire en fonction de ce qu’il voit. Cela favorisera également, de façon inconsciente, sa capacité à ranger lorsqu’il sera plus grand.Il est également important de proposer à l’enfant des moments de jeux ensemble par le biais de comptines par exemple. Chanter, discuter, danser, écouter de la musique…

                                                  Entre 9 et 12 mois                                          
    A cette période, Bébé est souvent dans une phase d'exploration active avec plus de déplacements : on continue de faire évoluer l'espace de jeu en l'agrandissant et en y installant du relief (coussin, pouf, caisse renversée, matelas etc.). Et comme jeu,le ballon et les multiples boîtes sont toujours attractives, et on peut y ajouter toutes sortes d'objets en essayant de varier leur matière et leur consistance : plastique, bois, tissu, mou, dur etc.
    - Des récipients de toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les matières

    - Des hochets grelots
     
    - Des balles de tailles différentes et de textures/surfaces différentes
     
      - Des couvercle type petits pots de tailles différentes / bouchons plastiques de bouteille de lait…

      - Un matelas d’eau 
     
    Attention aux objets avec des « stimuli spéciaux » sensés éveiller bébé ( sons musicaux , mouvements amplifiés , combinaisons de plusieurs stimuli pour un même jouet...) !! Ces stimuli spéciaux suscitent l’intérêt de l’enfant mais il en découle une activité moins variée, moins riche. Les stimuli interpellent l’enfant et le détournent de son activité initiale, voir la stoppent. L’attention est furtive.

                                       Entre 12 et 15 mois                                  

    Les même jouets e- ncore et en plus ! Des bacs remplis de diverses matières, des jouets à tirer, un chariot de marche, un porteur.Si c'est la saison, on peut compléter avec des jeux dans le sable ou dans l'eau...Bébé explore de plus en plus autour de lui et apprécie les jeux où il peut lancer, rapporter, cacher, retrouver etc. On peut donc lui proposer des objets divers que l'on peut ouvrir et fermer, vider et remplir, et avec lesquels on peut construire et détruire : boites, trousse, tirelire en plastique, boîte à formes, couvercles, bouteille avec gros bouchon, gobelets, cubes, voitures etc. Les livres sont aussi de plus en plus attractifs et on peut lui laisser à disposition en choisissant des livres en carton rigide ou lavable.

    - Des jouets à tirer qui sont sont destinés à développer les aptitudes physique de nos petits, notamment l'apprentissage de la marche.
    - Des jouets à pousser qui regroupent les petits voitures et autres camions en bois, les cannes à pousser ou encore les chariots de marche
     
      - Des bacs sensoriels à faire soi- même

     
      - Des bouteilles sensorielles
      - Des tirelires (boîte de lait avec couvercle ajourés pour y faire passer des couvercles de petits pots par exemple)
    - Des boite à formes: le jeu d’encastrement des boîtes à formes, avec des ouvertures pour y glisser des objets, initie l’enfant aux volumes et aux couleurs. Ainsi, bébé commencera sans doute par faire entrer les cylindres et les sphères, car ce sont les premières formes qu’un tout-petit parvient en général à insérer, puis il découvrira les triangles et les carrés.
    - Les premiers abaques
      - Les circuits de perles, pour développer la motricité fine de l'enfant et l'éveiller aux premières notions d'équilibre.
       
      - Des instruments de musique
      - Des jeux de coucou caché
                                    Entre 16 et 18 mois                               
      Bébé exprime ses envies et ses préférences, qui peuvent guider le choix des jeux.
Encore un âge charnière pour l'enfant. Il marche maintenant parfaitement et babille de plus en plus. Par ailleurs, il aime toucher et malaxer les différentes matières. Les pâtes à modeler font travailler ses muscles. Quant à la peinture à doigt, spécialement conçue pour les plus jeunes, elle permet de reconnaître les couleurs et de les mélanger. L'enfant aime aussi empoigner les crayons gras, feutres et pinceaux à pleines mains et tracer sur le papier.Le ballon peut être utilisé dans un jeu à deux en le faisant rouler de l'un à l'autre par exemple.On peut introduire des jeux demandant un peu plus de finesse dans les gestes
      - Les jeux d'encastrements: Privilégiez les puzzles dont les éléments comportent de petits « boutons » pour la saisie et qui sont séparés les uns des autres
      - Des jeux de motricité fine
        - Des activité de « visser et dévisser »
      - Les tape tapes : ce jeu combine les associations de forme (mettre la boule au bon endroit), le plaisir de frapper et l'écoute. Ainsi, il stimule tout le système moteur de l'enfant en lui permettant de taper aussi fort qu'il le souhaite!
              - Les cerceaux, rubans, jeux lestés
               
                  Lumière sur ...les jouets en bois PEFC
            Le bois ne sert pas que pour les jouets; il est aussi utilisé pour produire le papier d’emballage des cadeaux . Matériau naturel, cette ressource n’est cependant pas inépuisable. Pour en assurer la pérennité, il est important de privilégier les produits issus de forêts gérées durablement.
            La marque PEFC apporte cette garantie. De l’arbre sur pied jusqu’au produit fini, la marque PEFC atteste que les matériaux composant le produit fini proviennent de forêts gérées durablement et certifiées PEFC dans le respect des normes environnementales, économiques et sociales. Seuls les produits issus d’une chaîne ininterrompue d’entreprises de transformation certifiées peuvent se prévaloir, avec le logo, de la mention «ce produit est issu de forêts gérées durablement et de sources contrôlées»
            Les jouets en bois permettent de stimuler l’imagination de votre enfant ainsi que sa motricité, et l’éloigne des écrans et autres jouets en plastique bourrés d’électroniques. Un retour aux jouets « vrais », cela vous tente?
            Article rédigée par Séverine Oudot, Éducatrice Jeunes Enfants, Directrice de crèche et Présidente de Signe Petit Loup Formation
           
           
           
           
           
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        Attention au youpala et autres trotteurs du même type !!




        Ce n'est pas parce qu'on met un enfant tôt et souvent à la verticale que cela va le rendre plus précoce dans son développement psychomoteur !  Au contraire, c'est en le laissant libre de ses mouvements dans un espace sécurisé au sol que le tout petit va évoluer harmonieusement.

        En passant d'une posture à une autre (retournement, ramper, 4 pattes, passage allongé-assis puis debout), le jeune enfant prend confiance en lui, tonifie de manière équilibré sa musculature, coordonne ses mouvements, exerce ses réactions d'équilibration. La marche est une acquisition que l'enfant fera tout naturellement à son rythme sans qu'on lui apprenne. Le trotteur ou youpala, lorsqu'il est souvent utilisé, entrave le développement psychomoteur. Il peut alors être observé :

        - Un manque d'aisance corporelle
        - Une dépendance envers l'adulte et un besoin de réassurance affective
        - Une perte d'équilibre
        - Un retard dans la marche
        - Des perturbations dans la construction du schéma corporel
        - Une marche sur la pointe des pieds

        Le trotteur est séduisant par son côté pratique car il permet une certaine autonomie de l'enfant et celui-ci parait si content de l'utiliser ! Le risque est de trop l'utiliser !!
        La véritable autonomie de l'enfant sera retardée et le plaisir d'évoluer par lui même sera gâchée. Permettons à l'enfant d’être acteur de son mouvement, de prendre confiance en ses possibilités évolutives et de construire son autonomie en le "portant" par des mots valorisants, par des attitudes emplies de tendresse et de respect de son rythme de maturation neuromotrice. 

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        Le transat bien ou pas bien ??




        Pourquoi asseyons-nous un bébé dans un transat ?

        Réponses de mamans ou de professionnelles :
        - Permettre à l'enfant d'être en sécurité pendant que nous sommes occupés
        - Permettre à l'enfant d'avoir un autre champ de vision
        - Permettre à l'enfant de se reposer en dehors du lit
        - Permettre à l'enfant d'être avec nous dans toutes les pièces
        - Eviter les régurgitations
        En effet, le transat a un côté pratique indéniable et nous pouvons l'utiliser mais avec modération !!

        Pourquoi pose-t-on des limites à l'utilisation du transat ?


        A cause de la station assise trop prolongée dans un transat, nous avons vu des bébés avec des petites malformations du dos; nous avons vu des bébés avec un tonus mal adapté à son évolution psychomotrice (trop hypotonique ou hypertonique)
        L'enfant en sécurité avec vous sur un tapis va exercer ses capacités toniques et de coordination à son rythme. Vers l'âge de 6 mois, il va se retourner, prendre ses pieds avec ses mains. Ainsi, il va se muscler harmonieusement, percevoir les contours de son corps et mieux cerner l'espace qui l'entoure. La position dans le transat limite ses mouvements et vous empêche de le féliciter dans son évolution. Vers l'âge de 9 mois, il peut tenir assis.

        Pourquoi vaut-il mieux attendre que l'enfant s'assoie seul plutôt que de le mettre assis?

        Un bébé habitué à la station assise, la préférera à la station allongée dans laquelle il doit faire plus d'effort pour se redresser. Mais le plaisir d'arriver à son but (retournement, passage à la position assise puis à la position debout) est beaucoup plus important que la satisfaction d'être assis. La station assise précoce ne va pas tonifier un enfant. Dans son développement, il va naturellement accéder à cette étape sans aucun apprentissage. Lorsqu'il n'existe pas de handicap, l'homme est "programmer" pour marcher et passer par tous les stades (ramper, 4 pattes) qui prépare à cette coordination. Alors pourquoi entraver ces passages ? Certains enfants assis systématiquement n'ont pas le désir de se déplacer, d "aller vers". On voit apparaître une certaine passivité et parfois un retard de la marche. 


        En respectant le rythme de développement de l'enfant, en lui aménageant un espace sécurisé et adapté à ses besoins, en étant dans le contact tactile et verbal avec lui, nous lui apportons les meilleures conditions d'évolution psychomotrice harmonieuse.

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        Sans la fessée, Comment faire ??





        Vous avez peut-être remarqué si vous êtes parents que le fait de vivre avec un enfant est une aventure complexe à laquelle nous ne sommes pas préparés. Nos attentes correspondent rarement à la réalité, et passés les premiers jours de vie de notre bébé, quand la magie qui entoure la naissance se dissipe nous pouvons être confrontés à de grosses surprises.

        La plupart du temps, nous souhaitons ce qu’il y a de meilleur pour notre enfant. Au moment de sa naissance nous avons généralement modifié notre ordre de priorités. Nous avons conscience que cet enfant est dépendant de nous, et qu’il a besoin de soutien et de protection. Pourtant, nous avons parfois beaucoup de difficultés à répondre à ses besoins.

        Notre enfant en grandissant nous pose beaucoup de défis, et nous sommes quelquefois surpris par nos réactions qui ne correspondent pas à ce que nous aurions souhaité. Sous l’emprise de la colère, il arrive que nous les frappions, que nous les punissions, que nous leur fassions peur. Nous savons aujourd’hui que la peur n’est pas un moteur efficace pour l’apprentissage, bien au contraire, effrayé, un enfant est sidéré et il ne peut pas comprendre ce que l’on attend de lui. De plus les conséquences négatives à long terme sur sa santé, son comportement, sa capacité à être en relation avec les autres ont été clairement démontrées et s’avèrent décisives pour son avenir.

        Nous avons peu de pistes pour faire autrement, mais la réflexion des parents et leur expérience dans ce domaine commencent à s’étoffer. Alors nous vous proposons quelques pistes issues à la fois d’ouvrages traitant de ce sujet et du travail de groupes de parents sur ce thème.

        Quelques suggestions 

        Abandonnez l’idée que votre bébé vous manipule.
        Réconfortez votre bébé et répondez à ses besoins quand ce dernier les manifeste.
        Ne laissez jamais votre bébé pleurer seul, restez avec lui, il a besoin de vous pour traverser une émotion difficile. Essayez de trouver une réponse appropriée.

        Si écouter pleurer votre enfant vous met en colère ou déclenche de la violence, faite appel à votre partenaire, ou peut-être à un ami qui pourra en votre présence écouter votre enfant.

        Si vous le pouvez, ne tentez pas de « réguler » ses besoins physiologiques. Un bébé ou un bambin sait instinctivement ce dont il a besoin, au moment où il en a besoin. Il sait quand il a froid ou faim, il le sait d’autant plus et d’autant mieux que ses parents lui permettent de faire ses propres expériences.

        Bien des luttes pourraient être évitées si par exemple nous acceptions que notre enfant ait faim ou pas au moment des repas, mais aussi en dehors des heures prévues.

        Par convention, nous mangeons à une heure précise, les enfants, eux, mangent quand leur corps le réclame. A lire certains spécialistes de la nutrition, ils sont sur la bonne voie ! Concernant les repas, votre rôle pourrait consister à proposer des aliments sains, votre enfant, lui, choisira la quantité, la fréquence et les aliments.



        Votre enfant grandit et commence à se déplacer… 


        Il veut toucher à tout, c’est tout à fait normal, il accomplit son travail d’être humain en développement. Certains parents ont choisi d’adapter leur environnement en conséquence, et cette période de découverte a été plus reposante pour eux. D’autres ne l’ont pas souhaité, et ont eu beaucoup plus de limites à poser...

        La plupart ont opté pour une solution mixte qui a permis à leurs enfants de se familiariser progressivement avec la fragilité de certains objets. Les confrontations surviennent d’autant plus que la curiosité et la mobilité de votre enfant augmentent et le poussent à l’exploration, il a un monde à découvrir.

        Quelques idées pour accompagner votre enfant dans ses expériences : 

        - Un bambin (parfois à partir de deux ans) aime beaucoup participer aux activités de la maison : rincer des légumes, apprendre à les éplucher, à les couper, balayer, nettoyer le sol ou les vitres… Lorsqu’un enfant est nourri par une activité qu’il aime, il peut être très concentré, votre vigilance vous semblera moins nécessaire.
        - Lorsqu’il s’empare d’un objet que vous ne souhaitez pas qu’il touche, essayez d’en trouver un autre moins dangereux ou fragile et qui présentera autant d’intérêt pour lui.
        - S’il persiste à vouloir « toucher maladroitement » quelque chose de délicat qui est précieux pour vous, empêchez-le fermement mais tendrement de s’en approcher.
         -Il est possible qu’il se mette alors à pleurer ou qu’il fasse une crise de rage, c’est la conséquence logique de la frustration. Écouter ces manifestations très intenses de déception, pourra peut-être constituer pour vous un véritable défi. La plupart des crises durent une quinzaine de minutes.
        - Il est essentiel de protéger votre enfant du danger, le contenir peut aider, des explications claires et concises également.

        Vous trouverez d’autres options en réfléchissant avec votre partenaire, vos amis engagés sur la même voie que vous, d’autres parents qui travaillent au sein de groupes de soutien. Une sélection de livres à la fin de ce fascicule vous aidera également sur ce chemin. Les solutions sont aussi nombreuses que les difficultés qui se présentent chaque jour, il suffit de se poser ces questions :
        Que puis-je mettre en œuvre qui ne soit ni violent, ni punitif, ni excluant ? Quelle solution créative,légère, pourrais-je trouver ? Cela permet très souvent d’amorcer le processus, et on devient de plus en plus capable de trouver des idées en dehors de nos conditionnements éducatifs, qui nous poussent à revenir inconsciemment aux anciennes « méthodes » et qui reviennent finalement à blesser les enfants.

        Les « bonnes » habitudes 

        Chaque famille a ses propres règles de vie. Comment les transmettre aux enfants sans menace, chantage ou punition ? C’est une question complexe, mais voici un embryon de réponse.
        Prenons l’exemple du brossage des dents. Vous avez peut-être commencé à brosser les dents de votre enfant quand il était bébé avec une brosse spéciale, en grandissant, il souhaite le faire lui-même. Tout va bien. Que faire si votre situation n’est pas aussi idyllique (et nous sommes nombreux dans ce cas!) ?

        Vous pouvez :
        - L’accompagner chez un dentiste afin qu’il lui explique le bien fondé de l’hygiène dentaire, et la manière de s’y prendre. L’avis d’un professionnel a souvent plus de poids que nos récriminations désespérées.
        - Jouer à se brosser les dents ensemble pendant un temps déterminé par une minuterie de cuisine, quand elle sonne c’est terminé.
        - Vous brosser les dents assidûment. Votre enfant apprend surtout par imitation.
        - Lui brosser les dents vous-mêmes, y compris s’il est grand, sans le forcer, plutôt en jouant, cela risque de le faire beaucoup rire !
        - Le faire activement participer à la recherche de solutions.

        Dans une situation classique de pose de limites, n’hésitez pas à dire « non », et, en même temps, soyez prêts à écouter la tristesse, la déception, ou la colère de votre enfant après ce refus. Permettez à votre enfant d’exprimer un « non », il apprendra ainsi à se positionner en toute sécurité.

        Lorsque votre enfant commet une maladresse par jeu, pour explorer, parce qu’il est fatigué ou stressé, il peut réparer tout simplement. Veillez à ce que cette réparation soit compatible avec son développement psychomoteur, proposez-lui toujours de l’aide.

        Jouez aussi fréquemment que possible avec lui, le jeu est un moyen très efficace de se connecter à lui et de lui donner de l’attention.

         Pensez à ses besoins, et aux vôtres  

        Que faire si la colère vous submerge ? 

        - Isolez-vous si cela est possible. Certains parents se défoulent alors en criant ou en tapant dans un coussin, d’autres préfèrent partir faire un tour…
        - Respirez profondément.
        - Grognez comme un animal sauvage, ça peut aider aussi.
        - Téléphonez à un(e) ami(e) et racontez-lui combien c’est difficile.
        - Éloignez-vous toujours de votre enfant si vous sentez de la violence monter en vous.
        - Une fois la colère passée, essayez de retrouver ce qui l’a déclenchée, cela vous aidera pour les prochaines crises.

        Prenez soin de vous... 
        Chacun d’entre nous possède un réservoir affectif. Lorsqu’il est plein, notre seuil de tolérance est très haut, nous vivons chaque événement avec optimisme et enthousiasme. On pourrait dire que tout va bien dans notre vie.
        Par contre, lorsque notre réservoir affectif est vide, notre seuil de tolérance est bas, nous sommes fatigués, parasités par les soucis de la vie quotidienne, nous devenons alors infiniment moins compréhensifs.
        Pour un enfant, c’est exactement le même processus qui est à l’œuvre. Lorsque ses besoins sont comblés, y compris les besoins d’attention et de contact, il est joyeux et coopératif. A l’inverse, lorsque son réservoir est vide, il n’a que peu de moyens de demander clairement ce dont il a besoin. Il va devenir agressif, cette agressivité n’est qu’un appel au secours. Paradoxalement, il n’est pas attirant au moment où il a le plus grand besoin de nous.

        Surtout … 
        Ne vous attendez pas à un résultat immédiat. Quand on essaie d’établir une relation de confiance avec son enfant, qu’on ne le frappe plus et qu’il n’est pas puni, on peut avoir le sentiment de sans cesse remettre notre ouvrage sur le métier. Nous ne soumettons plus notre enfant, nous n’attendons plus de lui une obéissance automatique. Nous sommes plutôt là pour l’aider à grandir, et grandir ne signifie pas apprendre à se soumettre. Cela signifie plutôt être en contact avec soi et les autres, apprendre à rechercher un équilibre entre nos besoins et ceux des autres, savoir établir des priorités, devenir conscient... Il faut du temps pour apprendre le monde !

        Comprendre notre propre enfance...
        Dans son livre « La connaissance interdite », Alice Miller disait qu’en chacun de nous se trouve une pièce où sont enfermés tous nos vieux monstres (toutes nos blessures d’enfant), et elle ajoutait que seuls nos enfants détiennent la clé de cet endroit terrifiant. Nos enfants réactivent nos vieilles blessures, à nous de les identifier et de les travailler afin de ne plus être entravé par elles. Nos bambins nous mettent parfois brutalement face à nous-mêmes et à notre histoire, c’est l’occasion de prendre conscience de ce qu’a été notre vie d’enfant. Le fait de vouloir leur donner ce que nous n’avons pas reçu génère bien des conflits et des tiraillements.

        Alors n’oubliez pas que vous n’êtes pas seuls dans cette aventure :

        • Essayez de ne pas vous isoler. 
        • Pensez à votre propre soutien, et organisez-le. 
        • Ayez confiance dans votre capacité à trouver des solutions respectueuses pour poser les limites à vos enfants. 
        • Contactez des associations qui valorisent le soutien de parent à parent, qui organisent des groupes de paroles. Sur Internet des groupes de soutien existent, ainsi que de nombreux sites qui publient des articles ou des témoignages parfois très motivants. 
        • Lisez tout ce qui peut vous encourager dans votre démarche, et informez vous ! 
        • Si vous en avez l’occasion formez-vous aux techniques de communication interpersonnelles.


        Et profitez bien de votre vie de famille, 
                                                         le temps passe très vite ! 


         Il n’y a pas de «bonne» fessée  
        Un tract à diffuser largement autour de vous

        Pourquoi les fessées, les gifles et même des coups apparemment anodins comme les tapes sur les mains d’un bébé sont-elles dangereuses ? 


        • Elles lui enseignent la violence, par l’exemple qu’elles en donnent. 
        • Elles détruisent la certitude sans faille d’être aimé dont le bébé a besoin. 
        • Elles créent une angoisse : celle de l´attente de la prochaine rupture. 
        • Elles sont porteuses d’un mensonge : elles prétendent être éducatives alors qu’en réalité elles servent aux parents à se débarrasser de leur colère et que, s’ils frappent, c’est parce qu’ils ont été frappés enfants. 
        • Elles incitent à la colère et à un désir de vengeance qui restent refoulés et qui s’exprimeront plus tard. 
        • Elles programment l’enfant à accepter des arguments illogiques ( je te fais mal pour ton bien) et les impriment dans son corps. 
        • Elles détruisent la sensibilité et la compassion envers les autres et envers soi-même, et limitent ainsi les capacités de connaissance. 



        Quelles leçons le bébé retient-il des fessées et autres coups ? 


        • Que l’enfant ne mérite pas le respect. 
        • Que l’on peut apprendre le bien au moyen d’une punition (ce qui est faux, en réalité, les punitions n’apprennent à l’enfant qu’à vouloir lui-même punir). 
        • Qu’il ne faut pas sentir la souffrance, qu’il faut l’ignorer, ce qui est dangereux pour le système immunitaire. 
        • Que la violence fait partie de l’amour (leçon qui incite à la perversion). 
        • Que la négation des émotions est salutaire (mais c’est le corps qui paie le prix pour cette erreur, souvent beaucoup plus tard). 
        • Qu’il ne faut pas se défendre avant l’âge adulte. C’est le corps qui garde en mémoire toutes les traces nocives des supposées «bonnes fessées». 



        Comment se libère-t-on de la colère refoulée ? 

        Dans l’enfance et l´adolescence : 

        • On se moque des plus faibles. 
        • On frappe ses copains et copines. 
        • On humilie les filles. 
        • On agresse les enseignants. 
        • On vit les émotions interdites devant la télé ou les jeux vidéo en s’identifiant aux héros violents. (Les enfants jamais battus s’intéressent moins aux films cruels et ne produiront pas de films atroces, une fois devenus adultes). 


        A l’âge adulte : 

        • On perpétue soi-même la fessée, apparemment comme un moyen éducatif efficace, sans se rendre compte qu’en vérité on se venge de sa propre souffrance sur la prochaine génération. 
        • On refuse (ou on n’est pas capable) de comprendre les relations entre la violence subie jadis et celle répétée activement aujourd’hui. On entretient ainsi l’ignorance de la société. 
        • On s’engage dans les activités qui exigent de la violence. 
        • On se laisse influencer facilement par les discours des politiciens qui désignent des boucs émissaires à la violence qu’on a emmagasinée et dont on peut se débarrasser enfin sans être puni : races « impures », ethnies à « nettoyer », minorités sociales méprisées. 


        Parce qu’on a obéi à la violence enfant, on est prêt à obéir à n’importe quelle autorité qui rappelle l’autorité des parents, comme les Allemands ont obéi à Hitler, les Russes à Staline, les Serbes à Milosevic.

        Inversement, on peut prendre conscience du refoulement, essayer de comprendre comment la violence se transmet de parents à l’enfant et cesser de frapper les enfants quel que soit leur âge. On peut le faire (beaucoup y ont réussi) aussitôt qu’on a compris que les seules vraies raisons de donner des coups «éducatifs» se cachent dans l’histoire refoulée des parents.


        Alice Miller
        Chacun est libre de diffuser ce texte,
        sous condition de ne rien y changer.
           Jeudi 22 Mai 2003



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